Titre de l’extrait : « Itinéraire d’un profanateur de consensus »….

Avant de profaner l’église de la nouvelle religion écologiste et de tenir des propos qui, en un temps pas si ancien, m’auraient valu la question suivie du bûcher, il ne me paraît pas inutile de livrer quelques informations personnelles qui attesteront que les diatribes à venir n’émanent pas du raisonnement théorique d’un bobo cherchant la provocation suicidaire pour tenter de régler le dysfonctionnement d’un subconscient perturbé, mais de l’expérience vécue d’un individu ordinaire qui a été confronté professionnellement à la problématique environnementale pendant plus de quinze ans, à une époque où la plupart des lecteurs de ces lignes étaient en culottes courtes ou même pas encore programmés par leurs géniteurs.

C’est en effet dès 1969 que, rejetant la trajectoire naturelle de jeune fer de lance de l’économie française que me conférait la sortie d’une grande école de commerce – intégrée par le truchement de quelques bonnes dispositions scolaires plus que par une vocation véritablement ferraillée au corps – j’ai abordé le métier d’exploitant agricole dont je ne connaissait rien, mais qui, dans la foulée de mai 68, me paraissait répondre à certaines de mes interrogations sur la société de consommation urbaine battant déjà son plein en cette époque lointaine.

« Naturellement », si l’on peut dire, et nonobstant toute idéologie, qui n’existait d’ailleurs pas à cette époque, mes débuts en tant que paysan se déroulèrent dans le cadre classique du moment, c’est à dire les techniques productivistes mais évoluèrent rapidement vers une orientation bio et des labels tels « Lemaire Boucher », puis « Nature et Progrès ».

En ce temps là Dany lisait Mao, Cécile n’était pas née, Nicolas avait ses premiers émois sexuels, Dominique entrait en sixième, Eva était jeune fille au pair et José traînait son ennui dans la mouvance anarchiste parisienne.

Nous avions par contre déjà Yves Cochet et Brice Lalonde qui, à travers l’association « Les Amis de la Terre », nous donnaient du cœur à l’ouvrage et validaient notre démarche auprès d’un microcosme éclairé, à défaut d’être notoire. Puis vint « Le Sauvage » et le grand « La Gueule Ouverte » du regretté Pierre Fournier, le seul journaliste écolo-libertaire ayant jamais biné des carottes bio en mocassins de ville et long manteau noir.

En ce temps là, notre  « pas de côté »  s’appelait d’ailleurs agriculture biologique et antinucléaire plutôt qu’écologie. Puis vint ce brave René Dumont qui, bien que pétri de bonnes intentions, inventa néanmoins le navrant « développement durable » (terme passé inaperçu à l’époque, mais repris depuis avec le succès que l’on sait par les égarés de la cause) et lança derechef nos troupes, pourtant naturellement réfractaires aux démarches conventionnelles, dans le magma gluant de l’activité politicienne généraliste. Bien sûr, nous votâmes pour le vieux, mais cela nous servit de leçon et plus jamais nous n’avons remis la main dans le panier des « élections piège à c.… ».

L’imposture des « écologistes » réside aujourd’hui dans la confiscation de l’écologie, science non exacte étudiant les conditions d’existence des êtres vivants et les rapports qui s’établissent entre eux et leur environnement, au profit d’une action politicienne opportuniste et mercantile, par surcroît totalement complaisante avec le capitalisme et sa dérive étatique.

Les praticiens de cette science, les « écologues », se retrouvent ainsi dépossédés de leur expertise par des charlatans médiatiques dont l’influence auprès des masses est malheureusement proportionnelle à leur niveau d’incompétence.

Le lecteur aura ainsi compris que le propos de ce livre, «L’imposture écologiste», vise à bien distinguer l’écologie en tant que science objective neutre, de l’écologisme en tant que doctrine politique souvent fâcheuse, comme on sépare le bon grain de l’ivraie.

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