Author Archives: herodote71

Titre de l’extrait : « Itinéraire d’un profanateur de consensus »….

Avant de profaner l’église de la nouvelle religion écologiste et de tenir des propos qui, en un temps pas si ancien, m’auraient valu la question suivie du bûcher, il ne me paraît pas inutile de livrer quelques informations personnelles qui attesteront que les diatribes à venir n’émanent pas du raisonnement théorique d’un bobo cherchant la provocation suicidaire pour tenter de régler le dysfonctionnement d’un subconscient perturbé, mais de l’expérience vécue d’un individu ordinaire qui a été confronté professionnellement à la problématique environnementale pendant plus de quinze ans, à une époque où la plupart des lecteurs de ces lignes étaient en culottes courtes ou même pas encore programmés par leurs géniteurs.

C’est en effet dès 1969 que, rejetant la trajectoire naturelle de jeune fer de lance de l’économie française que me conférait la sortie d’une grande école de commerce – intégrée par le truchement de quelques bonnes dispositions scolaires plus que par une vocation véritablement ferraillée au corps – j’ai abordé le métier d’exploitant agricole dont je ne connaissait rien, mais qui, dans la foulée de mai 68, me paraissait répondre à certaines de mes interrogations sur la société de consommation urbaine battant déjà son plein en cette époque lointaine.

« Naturellement », si l’on peut dire, et nonobstant toute idéologie, qui n’existait d’ailleurs pas à cette époque, mes débuts en tant que paysan se déroulèrent dans le cadre classique du moment, c’est à dire les techniques productivistes mais évoluèrent rapidement vers une orientation bio et des labels tels « Lemaire Boucher », puis « Nature et Progrès ».

En ce temps là Dany lisait Mao, Cécile n’était pas née, Nicolas avait ses premiers émois sexuels, Dominique entrait en sixième, Eva était jeune fille au pair et José traînait son ennui dans la mouvance anarchiste parisienne.

Nous avions par contre déjà Yves Cochet et Brice Lalonde qui, à travers l’association « Les Amis de la Terre », nous donnaient du cœur à l’ouvrage et validaient notre démarche auprès d’un microcosme éclairé, à défaut d’être notoire. Puis vint « Le Sauvage » et le grand « La Gueule Ouverte » du regretté Pierre Fournier, le seul journaliste écolo-libertaire ayant jamais biné des carottes bio en mocassins de ville et long manteau noir.

En ce temps là, notre  « pas de côté »  s’appelait d’ailleurs agriculture biologique et antinucléaire plutôt qu’écologie. Puis vint ce brave René Dumont qui, bien que pétri de bonnes intentions, inventa néanmoins le navrant « développement durable » (terme passé inaperçu à l’époque, mais repris depuis avec le succès que l’on sait par les égarés de la cause) et lança derechef nos troupes, pourtant naturellement réfractaires aux démarches conventionnelles, dans le magma gluant de l’activité politicienne généraliste. Bien sûr, nous votâmes pour le vieux, mais cela nous servit de leçon et plus jamais nous n’avons remis la main dans le panier des « élections piège à c.… ».

L’imposture des « écologistes » réside aujourd’hui dans la confiscation de l’écologie, science non exacte étudiant les conditions d’existence des êtres vivants et les rapports qui s’établissent entre eux et leur environnement, au profit d’une action politicienne opportuniste et mercantile, par surcroît totalement complaisante avec le capitalisme et sa dérive étatique.

Les praticiens de cette science, les « écologues », se retrouvent ainsi dépossédés de leur expertise par des charlatans médiatiques dont l’influence auprès des masses est malheureusement proportionnelle à leur niveau d’incompétence.

Le lecteur aura ainsi compris que le propos de ce livre, «L’imposture écologiste», vise à bien distinguer l’écologie en tant que science objective neutre, de l’écologisme en tant que doctrine politique souvent fâcheuse, comme on sépare le bon grain de l’ivraie.

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Titre de l’extrait : « Le nouvel An zéro et le péché d’orgueil »………

Jésus naquit à Bethléem trois ou quatre ans avant le début de l’ère chrétienne et son œuvre fut consacrée à tenter de racheter le péché originel. Cet évènement advint peu avant la mort d’Hérode Ier et le monde occidental en fut transformé, mais, d’un point de vue formel, on attendit presque mille ans pour que, à l’initiative d’un moine anglo-saxon vivant au temps de Charlemagne et resté dans la postérité sous le nom de Bède le Vénérable, notre calendrier soit initialisé sur la date de naissance du Christ, à la manière des Romains comptant la date du jour à partir de la fondation de leur ville.

Après lui, on prit l’habitude de dater l’année en cours à partir de ce fameux anniversaire. L’apparition de Jésus de Nazareth sur terre marqua donc le début d’une nouvelle ère pour l’Humanité, mais le départ effectif du mouvement subit un délai trente ans pour cause de vocation tardive, les changements notoires induits accusèrent un retard d’un ou deux siècles en raison du faible développement des médias de l’époque et de l’absence de Facebook, et enfin, comme indiqué plus haut, la ratification calendaire fut contrainte à une attente de plus de huit cent ans pour des motifs restés inexpliqués. Il est à parier que ces regrettables atermoiements ne se reproduiront pas lorsque, d’ici quelques années nous entrerons de plein pied dans l’ère de la décroissance.

Le point de départ de ce nouvel âge sera celui du croisement de la courbe de l’offre et de la demande mondiale de pétrole. En effet, la production d’or noir qui a réussi à satisfaire, grâce notamment à l’Arabie Saoudite, la demande continuellement croissante des pays consommateurs va bientôt devenir insuffisante par suite des effets conjugués d’une augmentation encore plus grande de la demande mondiale renforcée par l’appétit des pays émergents, et de la diminution des ressources, nonobstant l’apport de pétroles non conventionnels (schistes, sables, offshore profond, etc…), au demeurant infiniment plus coûteux que ceux extraits des « champs faciles » de Gawhar.

Mais, comme pour la naissance de Jésus, cet instant passera inaperçu au moment où il surviendra, car nombre de paravents seront dressés devant lui afin de masquer la vraie réalité aux yeux d’une population n’ayant d’ailleurs aucune intention d’y souscrire. Cette volonté de cacher, du côté des politiques, associée au refus d’y croire, du côté du peuple, déclenchera une période de flottement dans l’attente d’un nouveau dogme, à l’image du temps qui s’écoula entre les premiers travaux de propagande de Jésus et l’avènement du christianisme.

Mais le parallèle ne s’arrête pas là ! A l’instar du Christ mandaté sur Terre par le Créateur pour réparer le péché originel, c’est Dame Nature en personne qui, dans quelques années, viendra punir l’Homme pour avoir commis une autre faute, celle de péché d’orgueil…….

Mais si le péché originel était de nature spirituelle, le péché de l’Homme moderne, lui, est de nature écologique ! Lorsque Adam touche à l’arbre de la connaissance et du savoir, domaine réservé de Dieu, il pèche par désobéissance envers celui qui Sait, par outrecuidance de vouloir mieux le connaître et, pourquoi pas, prétention de se hisser à son niveau. L’homme civilisé est inspiré par une recherche somme toute similaire car, en s’interrogeant son environnement, il empiète aussi sur le domaine réservé de la nature, en voulant objectivement se mettre à son niveau, voire la dominer.

Contrairement à une idée communément répandue, le péché de l’homme moderne ne réside donc pas dans son utilisation controversée des ressources naturelles, mais dans le fait qu’il analyse lui même sa démarche dans le même temps qu’il la poursuit. En effet, ses fameuses actions anthropiques sont en réalité sans danger aucun pour la Planète qui pourrait survivre sans problème à un hiver nucléaire prolongé et repartir de plus belle à partir de deux cafards et trois cancrelats vers un foisonnement de vie encore plus riche que celui que nous connaissons actuellement. Il suffirait pour cela d’attendre quelques milliers d’années, c’est à dire l’espace d’un battement de paupière pour cet astre vieux de 45 millions de siècles.

La menace de la civilisation industrielle sur la biodiversité, dont on nous rebat les oreilles, n’est en fait pas plus inquiétante qu’une brise légère sur un lac tranquille pour une barque de pêcheur, lorsqu’on sait que la Terre a déjà connu pas moins que six extinctions massives des espèces avec chaque fois apparition de nouvelles et réapparition d’anciennes. A la fin du Crétacé, les dinosaures, espèce dominante, disparurent après 160 millions d’années de bons et loyaux services, alors que l’espèce hominidée n’est présente que depuis 7 millions d’années seulement. Quant à la pollution, celle de la société humaine moderne fait pâle figure comparée aux émissions de méthane des gigantesques sauropodes qui pouvaient atteindre 520 millions de tonnes par an, chiffre comparable à celui des émissions modernes.

Et que dire de l’épouvantail du réchauffement climatique alors que nous savons que la Planète a déjà été beaucoup plus chaude, humide, froide et même glacée selon les âges et les temps, en conservant toujours son même teint de jeune fille.

Aujourd’hui, le péché d’orgueil humain ne réside donc pas dans le fait de puiser dans la dot terrestre, même à un rythme effréné, car il est dans la nature de toutes les espèces vivantes de suivre le cours de leur instinct sans se préoccuper des conséquences sur la biodiversité, le climat, la pollution, etc… autant de termes modernes qui consacrent ce fameux péché d’orgueil, celui qui entraîne l’homme, espèce animale éphémère, à vouloir réfléchir sur ses relations avec la nature, en tirer des conclusions et imaginer de pouvoir changer le cours des choses.

  • L’homme puise sans compter dans les ressources fossiles, végétales, animales, et alors ?….
  • L’homme, pour nourrir une population toujours plus demandeuse, ponctionne la biodiversité et provoque la disparition de certaines espèces, et alors ?…..
  • L’homme sème des papiers gras et des résidus d’emballages un peu partout, et alors ?….
  • L’homme dissémine dans l’air des odeurs nauséabondes, et alors ?….
  • L’homme fait marcher des usines qui réchauffent l’atmosphère (ce qui reste à prouver), et alors ?…

Tout ceci ne dérange en rien la Planète, qui s’en contrefiche, et ne menace aucunement la survie à terme de Dame Nature, qui n’est pas à un million d’années près ! La vérité vraie est que l’homme, en dégradant ainsi son environnement perd en confort ce qu’il gagne en efficacité, ce qui lui pose un problème insoluble dans la croissance. Et afin de créer, pense-t-il, une dramaturgie plus en rapport avec sa grandeur, il feint d’ignorer l’essentiel pour battre sa coulpe sur des points de détails plus spectaculaires, à savoir ses maigres atteintes à l’environnement. Dans la foulée de son délire mégalomaniaque, il détourne une science neutre, l’écologie, étudiant l’interaction des êtres vivants avec le milieu qui les entoure, en une doctrine spiritualo-politique, l’écologisme, qui milite pour la mise en place d’actions visant à réduire les effets induits de cette même interaction.

Le raisonnement couramment tenu par les pseudos-scientifiques plus ou moins écologistes est celui-ci : « nous (sous–entendu nous les hommes, les petits génies de l’Univers) avons le pouvoir de détruire des espèces vivantes, mais nous avons également le pouvoir de les protéger (sous-entendu de ne pas les détruire, ou de nous attacher le bras qui les tue,..) ». Et c’est ici, à ce moment-ci et dans cette configuration-là que le péché d’orgueil, insidieux, s’installe !…..

Car l’homme n’est pas programmé (par la nature) pour prévoir, mais pour agir, et tel Adam, défiant Dieu en grappillant l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, l’homme industrialisé défie la nature en proclamant qu’il la peut la défaire et la refaire. Ainsi le pouvoir de refaire ou de réparer prend le pas sur celui de défaire ou d’abîmer, et confine au pouvoir absolu, qui est celui de faire tout court. De fil en aiguille, de croissance en développement, de science en technologie, l’homme civilisé ne se considère plus comme simplement le roi des animaux, mais comme le prince de la Planète, et, enivré par son pouvoir de destruction rêve de maîtriser la genèse. D’où son écologisme pécheur, véritable offense à la Divinité Nature, qui, du haut de sa couche d’ozone se désespère de voir son rejeton préféré cumuler les bévues dans l’exercice de sa mission :

  1. croire qu’il détériore la Planète alors que celle ci en vu d’autres depuis 4,5 milliards d’années,
  2. croire qu’il peut, ou qu’il doit, contrôler ce qu’il prélève sur sa dot alors qu’elle ne lui a été livrée que pour satisfaire à sa propre jouissance,
  3. réfléchir sur son action au lieu de suivre son instinct comme toutes les autres espèces,
  4. croire qu’il peut prévoir ce qui va se passer et modifier en conséquence son action, alors que sa principale qualité est l’adaptation à ce qui arrive (et non la projection dans le futur, sinon cela se saurait depuis longtemps),

Bref, l’Homme s’occupe de choses qui ne le regardent pas et le dépassent. Son cerveau, qui fait merveille dans le bricolage inventif, n’est pas prévu pour comprendre des notions aussi fondamentales que l’infini ou le commencement, la preuve en est qu’il en est réduit à inventer de navrantes sornettes religieuses pour ne pas sombrer dans la neurasthénie dévalorisante. Il s’engouffre en pleine hérésie lorsque, par exemple, il s’imagine pouvoir contrer un réchauffement climatique qu’il aurait lui même généré en envoyant dans le ciel des millions de panneaux réfléchissant destinés à filtrer les rayons de l’astre majeur et éviter ainsi à la lagune de Venise de s’enfoncer encore un peu plus dans la mer. Ce délire de géo-ingénierie, dernier stigmate en date du péché d’orgueil écologistique, montre, s’il en était encore besoin, l’errance mentale et le désordre spirituel dans lesquels nous nous sommes tombés.

Par bonheur, et pour nous extirper du péché, Dame Nature nous envoie la Décroissance. Tel Jésus Christ en l’an zéro, elle est déjà sur place mais peu le savent, elle produira ses effets naturellement dans quelques temps sans qu’il soit besoin de précipiter le cours de l’histoire, et l’homme redeviendra humble, c’est à dire se contentera de déchiffrer une partition tout simplement adaptée à la symphonie vivante.

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Titre de l’extrait : « Deux hypothèses et treize principes »…….

Le programme pour une société de l’après croissance présente un nouveau système d’organisation politique, visant à empêcher le développement des injustices sociales et apte à répondre aux contraintes bio-économiques des temps prochains.

Ce programme est le fruit d’un travail collaboratif des membres du mouvement « Démocratie Directe & Résilience » réparti sur deux ans, entre janvier 2014 et décembre 2015. Il propose au peuple français une ré-écriture complète de son corpus législatif.

Ce programme se fonde sur deux hypothèses fondamentales et treize principes directeurs, qui constituent autant de points de rupture avec le système actuel. Il se matérialise par une constitution nouvelle et cinq codes juridiques nouveaux, destinés remplacer la constitution de 1958 et les 71 codes juridiques en vigueur.

Première Hypothèse fondamentale : « la démocratie directe »

La démocratie directe désigne un système politique dans lequel les lois sont imaginées, proposées et votées par l’ensemble des citoyens à l’exclusion de toute forme de représentation. Ce concept est né de la révolution de 1789 qui avait mis fin au système monarchique avec l’objectif de confier au peuple le pouvoir de faire les lois, par un nouveau système : la démocratie. Mais ce concept de « démocratie » s’est rapidement transformé en celui de « démocratie représentative », et les lois furent faites, en réalité, par une minorité de privilégiés, représentants dociles de l’oligarchie économico-financière.

Ce système politique, qui a perduré depuis, multiplie aujourd’hui les symptômes de déliquescence et arrive manifestement à bout de souffle. Il est grand temps de revenir à l’esprit initial de la révolution de 1789 et de la Déclaration des Droits de l’Homme en instaurant un véritable système législatif « du peuple », « «par le peuple » et « pour le peuple » : c’est à dire, la démocratie directe !

Deuxième hypothèse fondamentale : « La résilience »

La résilience est la capacité d’un organisme a résister à un choc et à s’adapter positivement au traumatisme qui va en découler. Dans le cas qui nous occupe, l’organisme c’est notre « société moderne » et le choc c’est la décroissance de son système industriel par suite de la raréfaction prochaine et progressive des ressources fossiles et minérales de la planète.

Cette réduction de la disponibilité globale en énergie et matières premières physiques va conférer un caractère inéluctable à la décroissance économique, qui sera sans doute progressive mais certainement irrémédiable. La rapidité de cette décroissance sera fonction d’un ensemble de critères difficiles à pronostiquer, mais son impact, c’est à dire finalement ce qui nous intéresse, sera lié à notre capacité de résilience. Cette Constitution nouvelle propose un cadre politique pour que notre société puisse mettre en œuvre sa capacité de résilience dans des conditions optimales.

Ces hypothèses fondamentales, la DEMOCRATIE DIRECTE et la RESILIENCE, sont ensuite complétées par 13 Principes directeurs.

Un principe est une proposition précise, qui sert de base à un raisonnement et qui définit un mode d’action. Nous considérons qu’il doit toujours y avoir une telle proposition à la base de toute règle d’organisation sociale afin que l’ensemble de la loi reste dans un esprit général déterminé (sous réserve bien entendu d’une modification d’un principe par le peuple). Cette position est précisément à l’opposé de celle qui a présidé à la mise en place du système actuel par l’oligarchie régnante à partir du milieu du 18ème siècle, et dans lequel la loi s’élabore à vue, en fonction des évolutions successives des rapports de force entre les différents groupes de pression corporatistes.

C’est ainsi qu’afin de pouvoir élaborer ce nouveau corpus législatif, nous avons été amené à définir un système logique, dans lequel toute règle ou loi doit respecter impérativement un principe.

Les treize principes directeurs

  1. La Constitution doit énoncer des principes clairs qui s’imposeront pour toute rédaction de loi. Ce premier principe pourrait être dénommé « Le Principe des Principes»
  2. La liberté individuelle ne peut être limitée que si l’exercice de cette liberté créée une nuisance objectivement mesurable envers autrui
  3. La loi ne peut créer d’ «obligation de faire » en dehors de toute contingence, c’est à dire sans que le citoyen concerné n’ait engagé une action préalable et directement liée à l’objet de cette obligation. Ce principe implique notamment l’extinction de l’impôt et de la conscription.
  4. La recherche de l’égalité des chances entre chaque citoyen en vue d’obtenir un revenu d’existence suffisant doit toujours guider la rédaction de la loi.
  5. La solidarité indispensable de la collectivité envers les citoyens en difficulté doit toujours s’accompagner d’une contrepartie raisonnable.
  6. La capacité d’imaginer et de voter la loi est le pouvoir exclusif du peuple, pris en tant que l’ensemble des citoyens et à l’exclusion de toute représentation.
  7. Le rôle de l’Etat est redéfini et, l’obligation de faire non contingente étant abolie, il n’est plus financé par l’impôt. Ainsi, l’Etat est constitué d’une part, d’un grand secteur public marchand regroupant les activités économiques à forte empreinte écologique, et d’un secteur public gratuit financé par les excédents de gestion du secteur public marchand
  8. La transmission de la propriété ne peut se faire qu’entre vifs de façon onéreuse ou par le don, et dans le cadre d’un libre contrat. Aucune loi d’automaticité ne peut être édictée. Aucun prélèvement pécuniaire ne peut être effectué par quiconque à l’occasion d’une transmission de propriété.
  9. La création monétaire par les banques n’est plus garantie par la loi. Celle-ci est remplacé par un dispositif à trois niveau. 1er niveau : une monnaie physique basée sur l’or, librement convertible à tout moment et selon un taux de parité fixé dans la constitution. 2ème niveau : une monnaie virtuelle, dite « monnaie d’échange  gérée dans le cadre d’une « Banque Nationale d’Echange ». 3ème niveau : une monnaie libre, non garantie par la loi
  10. La monnaie, quelque soit sa nature, ne doit jamais être considérée comme une marchandise. De ce fait, le crédit monétaire porteur d’intérêt ne peut pas être garanti par la loi.
  11. Toute activité économique peut être entreprise librement par tout citoyen, en tant que personne physique. La notion actuelle « d’entreprise » n’est plus reconnue par la loi, ni celle de salarié, ni celle d’employeur. Les différents « citoyens agissants » contractent entre eux en des termes libres et non réglementés. La personnalité morale n’est plus reconnue par la loi.
  12. Le sol national est une dot commune et une propriété collective. Il appartient donc en parts égales et sous forme de nu-propriété à chaque citoyen majeur. Chaque part non occupée par son nu-propriétaire est porteuse d’un revenu locatif.
  13. Dans le cas d’une votation portant sur un changement radical du système socioéconomique, et notamment lors de l’adoption de cette constitution, la possibilité de faire sécession est reconnue, sur demande concertée d’un ou plusieurs groupes d’opposants et selon des modalités à définir.

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Titre de l’extrait : « Un nouvel équilibre pour demain »…..

Après un tout petit demi siècle d’une croissance économique hallucinante et jamais vue depuis les sept millions d’années que l’homme existe sur la planète, nos rapports à la réalité se sont brouillés à tel point que ce léger battement de cils sur l’échelle du temps nous semble devenu un axiome péremptoire pour les décennies à venir.

Or, dans quelques années, la réalité de la géologie va entrer en collision avec celle de l’économie et la décroissance industrielle s’en suivra inéluctablement. Dès lors l’adaptation à ce déclin non désiré deviendra le seul problème important à nos yeux et nous balayerons promptement tous les autres sujets de préoccupation traditionnels qui nous mobilisent aujourd’hui.

En résonance avec l’adage populaire, à quelque chose malheur est bon, la vraie question n’est pas tant de savoir si nous saurons nous adapter demain à de telles conditions, car la faculté adaptative de l’homme n’est plus à démontrer, mais plutôt d’imaginer quel gain nous pourrons retirer de ce déclin industriel inéluctable.

Au-delà des niaiseries habituellement distillées par de doux philosophes ou prospectivistes bêlants, peu au fait de la chose politique, sur le resserrement des liens possiblement procuré par la raréfaction des biens, l’important sera de suivre l’évolution de la confrontation de l’individu aux nouvelles forces aliénantes qui ne manqueront pas de le menacer dans cette situation de déflation inévitable. Nous ne devrons attendre aucune solution du côté de l’Etat tel qu’il est constitué aujourd’hui. En effet, malgré ses 11.000 lois et 130.000 décrets encadrant nos moindres faits et gestes, privés ou professionnels dans presque tous les domaines de la vie courante et son budget faramineux de 320 milliards d’euros ponctionnés sur le fruit de notre labeur quotidien, le système représentatif se révèle déjà incapable de mener à bien la double mission qu’il s’est lui même attribuée : 1. maintenir la croissance, 2. régler les problèmes de société.

Depuis plus de 1.500 ans et la chute de l’empire romain, les systèmes politiques successifs régissant nos sociétés ont reflété une certaine idée de la trajectoire humaine. Barbarie éclairée, féodalité décentralisée, monarchie constitutionnelle, république égalitaire, collectivisme marxiste, et aujourd’hui capitalisme étatique globalisé sont autant d’idéologies, définissant à une époque donnée le rapport imaginaire des individus à leurs conditions réelles d’existence, mais aussi de doxas, traduisant ce rapport imaginaire en système de représentations mentales courantes : Bien, Mal, Classe, Ordre, Progrès, Croissance, etc..

La civilisation industrielle dans laquelle nous vivons aujourd’hui est certainement la plus formidablement riche et la plus opulente que l’homme ait connu depuis 200.000 années. Erigée dans le triple culte du progrès technique, de la croissance économique et du pouvoir d’achat, elle se caractérise au plan social par une forte prise en charge de l’Individu par l’Etat, préfigurant sa déresponsabilisation à court terme, voire son infantilisation à moyen terme. Ce moyen terme risque toutefois de ne jamais survenir car notre civilisation industrielle se trouve condamnée au déclin par les lois de la thermodynamique, corrélativement à l’épuisement des ressources naturelles sur lesquelles elle est fondée.

Dans un tel contexte annoncé, il est temps d’imaginer une idéologie nouvelle où la notion de progrès se confondrait avec celle de responsabilité individuelle pour mieux s’adapter au déclin inéluctable de la civilisation industrielle. Sur le fond, il s’agit de relier la réalité de la décroissance, qui sera une situation prochaine à subir, à un concept d’organisation sociale d’un nouveau genre. Cette idée est, accessoirement, en contradiction avec toutes celles développées par les différents prospectivistes plus ou moins écologistes de la planète, qui ne voient de méthode acceptable pour faire face à la décroissance que dans une étatisation renforcée de la société, appuyée par une réglementation et une coercition implacables sur l’individu agissant.

C’est pourquoi la première étape de cette démarche visera à contester la croyance indéfectible en la vertu d’un Etat Tout Puissant, seul détenteur possible de la voie à suivre vers le Bien Commun. De plus, il apparaît opportun de considérer que le système étatique en général, et plus récemment le capitalisme étatique en particulier, ont apporté tous deux la preuve de leur faillite historique, tant dans la bonne gestion de la dot terrestre, que dans celle de la liberté humaine.

Cet ouvrage ne prétend pas constituer à lui seul une charte immuable, encore moins un projet abouti et directement applicable pour la transition vers une société nouvelle. Il est important de noter que, si certains des raisonnements qui y sont tenus se retrouvent plus ou moins exactement, ici ou là, isolés ou associés à d’autres, dans quelques plate-formes, chartes ou programmes de courants divers, rattachés à d’aucunes mouvances décroissante, anarchiste, libertarienne ou marxiste, c’est leur association et leur interdépendance qui donne au projet son originalité et son caractère unique.

De cette démarche pourrait, pourquoi pas, émerger un mouvement politique qui entreprendrait de dessiner les contours d’une société rejetant les dérives tant capitalistes que bureaucratiques ou collectivistes, optimisant les expériences du passé pour construire l’avenir et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, misant sur la réalité d’un individu responsable plutôt que sur l’illusion d’un état vertueux.

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Catégorisation de la décroissance

La décroissance est à la mode. En cette période de soi-disant crise économique qui n’en finit pas de durer, la croissance est pourtant annoncée comme seul remède efficace pour la juguler. A titre personnel, êtes–vous croissant ou décroissant ?

À titre personnel, je suis décroissant depuis pas mal d’années déjà, disons depuis l’âge de trente à trente cinq ans, puisque, selon les données biologiques, il est avéré que chaque être humain commence un déclin physique et intellectuel à partir de cette période. Je suis donc résolument décroissant, à mon corps défendant certes, mais néanmoins dans le cadre d’une réalité qui s’impose à tous.

Lorsqu’on cherche la définition du mot décroissance dans la plupart des dictionnaires, on obtient « état de ce qui diminue, de ce qui décline » . En fouillant un peu dans les nouvelles moutures du Larousse et du Robert qui prennent en compte les évolutions du sens des mots par l’esprit commun du moment, on trouve quelque chose comme ceci : « slogan mettant en cause l’économisme et stigmatisant les dégâts sociaux et culturels du dogme de la croissance ». Que faut-il donc comprendre quand on entend parler de « Décroissance » ?

C’est précisément le problème qui est posé, à savoir celui de l’utilisation du mot « décroissance » par différentes personnes ayant des visions sensiblement divergentes. Je pense qu’il faut se référer à ce que vous avez indiqué en premier lieu, c’est à dire la définition du dictionnaire. Le dictionnaire dit que la décroissance, c’est la situation de quelque chose qui diminue, le terme « décroissance » ayant pour synonyme : déclin, diminution. Et donc, les acceptions qui ont été imposées ou suggérées par un certain nombre de mouvances politiques sont des acceptions qui ne sont pas conformes à la définition initiale du mot. La décroissance n’est pas une idéologie ni une option philosophique, c’est, bien au contraire, la réalité physique constatée d’un système qui décroît.

À votre avis, comment les gens se positionnent-ils par rapport au concept de « décroissance » ? Si vous deviez dresser une carte idéologique de la décroissance, quels seraient ses grands contours ?

Par rapport à une situation putative de déclin de l’activité économique, donc de décroissance, l’opinion publique se positionne de façon divergente, voire passionnée. Je distingue cinq catégories de positionnements :

La première catégorie est celle que je nomme les « croyants adorateurs de la croissance ». Par le biais d’une double négation, je dirais que ce sont des gens qui ne croient pas à la décroissance. En fait, lorsque nous posons la question : « comment est-ce que les gens se positionnent par rapport à la décroissance ? », cela revient à se demander dans le même temps : « Comment se positionnent-ils par rapport à la croissance ? ». Cette première catégorie de personnes est donc résolument croyante en la croissance, et, je m’en expliquerai sans doute tout à l’heure, j’assimile ce positionnement à une religion. C’est la raison principale pour laquelle je les appelle « croyants adorateurs de la croissance ». Ils représentent l’immense majorité de la population, soit environ 80 %.

Il y ensuite ceux que j’appelle les « agnostiques inquiets ». L’agnostique est une personne qui ne croit pas à ce que croit le croyant, mais qui n’est pas pour autant convaincu que le croyant se trompe en croyant à ce qu’il croit. Ainsi, l’agnostique considère qu’il n’existe pas assez de preuves avérées pour aller dans le sens de la croyance, et pas assez de preuves avérées non plus pour aller dans le sens de la réfutation. En conséquence, l’agnostique attend d’avoir des éléments scientifiquement ou objectivement prouvés, des preuves factuelles, pour décider de croire ou de ne pas croire. Mais tous ces agnostiques sont néanmoins inquiets parce que la survenue putative de la décroissance, leur apparaît comme quelque chose de passablement néfaste. Ils sont donc dans une situation d’attente assez inconfortable. Ils représentent environ 10 % de la population, et recouvrent, grosso modo, l’ensemble disparate de la mouvance écologiste.

Si nous additionnons 80 % plus 10 % nous obtenons 90%. Il ne reste donc plus que 10 % pour une segmentation que je subdiviserais en trois. La première subdivision, que nous pouvons considérer comme la troisième catégorie, est composée de ceux que j’appelle les « athées constructivistes ». Avec le terme d’athée, nous franchissons un pas significatif dans l’abaissement du niveau de conviction. Ces athées, en effet, sont des gens qui ne croient pas à la durabilité de la croissance, et, par voie de conséquence sont convaincus de l’installation d’une décroissance à plus ou moins long terme. Par ailleurs, je les qualifie de « constructivistes » parce qu’en réponse à cette survenue qu’ils estiment comme étant quasiment inéluctable, ils commencent à imaginer les contours d’une organisation socio-économique qui pourrait l’accompagner.

La quatrième catégorie, toujours à classer dans les derniers 10 %, est composée de ceux que je nomme les « athées transitionnistes ». Ce sont également des gens qui ne croient pas à la durabilité de la croissance et qui croient tout aussi fermement à la survenue de la décroissance, mais à la différence des constructivistes, ils s’adaptent par une transition au jour le jour, sans pour autant mettre en place, ou imaginer, un système politique global pour le court et le moyen terme.

Enfin, il existe une cinquième catégorie qu’il convient de ranger encore dans les 10 %, sachant que les catégories 3 à 5 composent chacune environ 3% de la population totale. Je place dans cette catégorie les « objecteurs anticléricaux activistes », plus communément connus sous le patronyme d’ « objecteurs de croissance ». Ce sont des gens qui, avant tout, s’opposent volontairement à la perduration de la croissance. Leur différence sensible avec les athées vient du fait qu’ils ne sont pas forcément convaincus de la survenue inéluctable de la décroissance, et qu’ils se mobilisent donc pour mettre en œuvre des actions visant à enrayer le système croissanciste en cours. Nous sommes là dans un positionnement résolument activiste et, si nous reprenons la comparaison des croissancistes avec les religieux, nous pouvons tout aussi bien considérer les objecteurs de croissance comme des anticléricaux. Cette appellation d’objecteur de croissance évoque volontairement celle d’ « objecteur de conscience », désignant ceux qui s’opposaient à l’obligation du service militaire. Ils s’autoproclament également « décroissants culturels », pour bien pointer leur différence avec les décroissants « athées constructivistes » qui fondent leur conviction sur l’analyse bio-économique de Nicholas Georgescu Roegen, et l’application de la loi de l’entropie.

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Titre de l’extrait : « L’Etat c’est moi ! »…….

Lorsqu’à tout juste dix sept ans révolus et revêtu de son habit de chasse, Louis XIV fit irruption devant les représentants du Parlement de Paris réunis pour juger de la validité des lois de finance inspirées par son ministre le Cardinal de Mazarin, il se vit opposer par l’improbable assemblée une notion nouvelle à celle du traditionnel droit divin, celle de l’intérêt de l’Etat. Certes, depuis les initiatives hardies de Richelieu, ministre plénipotentiaire de son père, le ver était déjà dans le fruit et sous la royauté absolue pointait déjà l’Etat monarchique, qui allait ainsi définitivement sceller l’extinction de la féodalité.

Que le futur Roi Soleil ait alors, en ces lieux pré-démocratiques, prononcé ou non la célèbrissime phrase : « L’Etat c’est moi ! », ne changera rien au cours de l’histoire. La fin du dix septième siècle marquera l’émergence d’une entité moderne, interface nécessaire entre le peuple et le pouvoir, distincte des deux, mais néanmoins revendiquée plus tard et tour à tour, par l’un comme par l’autre au gré des convulsions révolutionnaires et politiques du moment.

Car l’Etat n’est pas génétiquement synonyme de pouvoir absolu ! Rendu indispensable par l’évolution de la société et la complexification des rapports socio-économiques entre les individus, son essence est purement technique, sa vocation résolument utilitaire, et sa pensée naturellement inexistante. De ce point de vue, Louis Capet le quatorzième, eut été largement fondé à balayer d’un revers de tunique cet argument incongru d’intérêt de l’Etat puisque, à cette époque et même encore aujourd’hui, il apparaît peu crédible d’affecter une existence propre à ce simple objet domestique, et par conséquent encore moins de lui attribuer un objectif de satisfaction, de bien être ou de bonheur. Déjà fin politique, Louis pensa certainement que le seul intérêt pouvant être mis en avant était, soit le sien, soit éventuellement celui de son Peuple, mais certainement pas celui de ce Machin qu’on lui brandissait ainsi devant le plastron. Son cerveau agile et pas encore crétinisé par la Maintenon, lui suggéra alors cette délicieuse formule oxymorique « l’Etat c’est moi », mais il s’abstint intelligemment de la formuler officiellement tout en s’assurant que des historiens officieux la véhiculeraient quand même.

Bref, se poser la question de l’efficacité de telle ou telle forme d’Etat est somme toute comparable à l’étude détaillée de la lettre de mission d’un expert comptable pressenti pour tenir et certifier les comptes d’une PME. La trompeuse notion d’Etat-Nation, inventée par les thuriféraires du despotisme étatique, n’est qu’une monstrueuse imposture destinée à faire passer aux yeux du peuple les vessies autoritaires pour des lanternes salvatrices, alors même que les définitions de l’un et de l’autre composants mériteraient d’être largement précisées. Avant d’oser associer ces deux termes polysémiques dans une formule péremptoire manifestement destinée à décourager toute contradiction, il aurait mieux convenu que ses divers promoteurs et utilisateurs en circonscrivent bien les contours, mais ce fut rarement les cas.

En réalité, l’Etat, le Pouvoir, la Nation et le Peuple sont des entités différentes, mais pouvant être réunies, associées et mélangées aux fins d’élaboration de cocktails politiques plus ou moins indigestes pour l’individu appelé à les consommer. La confusion entre le Pouvoir et l’Etat figure comme la plus notoirement répandue dans l’esprit commun, facilitant ainsi l’obscurcissement des véritables rouages de transmission entre le premier et le second. En marmonnant sous sa perruque poudrée « l’Etat, c’est moi ! » le grand roi signifiait que la liaison entre son pouvoir absolu et la boite à musique étatique naissante, n’était qu’un simple courroie visible à l’œil nu et facilement démontable. En effet, depuis qu’il existe, l’Etat Moderne n’est que la traduction politique du Pouvoir Réel, et, de même que Richelieu voulut qu’il fut celui de la monarchie, les chéfaillons successifs de l’oligarchie démocratique actuelle s’appliquent à le maintenir dans sa fonction principale de représentation des intérêts du grand capitalisme.

Cette dernière affirmation ne rencontrera que peu de détracteurs sérieux et ouvre la porte à une longue liste d’alternatives. Le thème du rôle de l’Etat nourrit régulièrement les réflexions de politologues, analystes, écrivains et journalistes de tous bords, en réunissant néanmoins tous ces penseurs autour de l’idée humaniste que l’Etat se doit avant tout de servir le peuple.

Malheureusement cette profession de foi oecuménique s’égare rapidement dans des méandres où la perversité, l’ignorance et la confusion se mêlent pour aboutir finalement à un discours unique véhiculant la sève d’une pensée politiquement correcte. Car l’échec du communisme est passé par là, disqualifiant durablement toute forme d’état à vocation populaire affichée et laissant la bureaucratie capitaliste sans rival crédible pour assurer la gestion des affaires courantes.

Sous la question mise en exergue dans le titre « A quoi sert l’Etat ? » pointe son complément « A quoi l’Etat devrait-il servir ? ». Et c’est pourquoi les analyses développées dans cette étude  viseront non seulement à déterminer si les objectifs assignés par le peuple à l’Etat sont correctement remplis, mais aussi, et surtout, si ces missions, pour autant qu’elles soient définies clairement et sans ambiguïté dans la constitution, sont bien celles qu’un peuple adulte, libre et responsable se devrait de lui confier.

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Titre de l’extrait : « Etat des lieux de l’organisation sociétale »….

« On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a créé » (Albert Einstein)

Le système représentatif est en voie d’atteindre, aujourd’hui, le stade ultime de sa déliquescence. Ses mandataires sont de plus en plus contestés par le peuple. Leur probité, leur compétence et leur crédibilité sont mises en doute. L’abstentionnisme progresse lors des diverses élections, affaiblissant d’autant la légitimité des élus et des hauts fonctionnaires investis. De nombreuses lois votées par le parlement, ainsi que certains décrets pris par les technocrates, sont réfutés par la rue et doivent être retirés, ou « retoqués », dans la confusion et la précipitation. Bref, l’angoisse démocratique bat son plein et chaque groupe politique s’interroge sur la façon de faire semblant d’octroyer un peu plus de pouvoir au citoyen par le discours théorique, tout en lui en laissant chaque jour un peu moins dans la réalité concrète.

Dans de telles conditions, il semble donc que notre société soit mûre pour penser une redistribution du pouvoir en faveur du peuple, et que la « démocratie » si remarquablement décrite (puis éliminée) par Sieyès en 1789, soit enfin prête à être désignée en tant que procédure institutionnelle officielle de l’organisation sociétale. Mais nous ferions preuve de beaucoup d’optimisme, voire de naïveté, si nous pensions que cette évidence, qui procède pourtant d’une analyse objective de la situation, puisse se transformer facilement et rapidement en conviction opérationnelle dans l’esprit de l’ensemble de nos concitoyens.

Jean-Jacques Rousseau a écrit qu’il n’existait que trois systèmes connus d’exercice du pouvoir : la monocratie, qui est celui d’un seul homme, l’oligocratie, qui est celui d’un groupe restreint, et la démocratie, qui est celui de tous les citoyens.

Le terme monocratie est issu de la combinaison des mots grecs monos (seul) et de kratein (commander), oligocratie combinant le commandement avec oligos (peu nombreux) et démocratie avec demos (le peuple).

Cette trilogie-source connaît une variante sémantique avec l’utilisation d’archein au lieu de kratein aboutissant aux termes de monarchie, oligarchie et démarchie (ce dernier terme fut initié par FA. Hayek, mais il est resté peu usité). En grec, les verbes kratein et archein ont une signification assez proche, bien que nous puissions déceler dans kratein le sens d’un commandement radical émanant de la force brute, alors que dans archein il s’agit plutôt d’un gouvernement par la règle. D’un point de vue terminologique, il conviendrait donc d’opposer la démocratie à l’oligocratie, et non pas à l’oligarchie comme nous le voyons et l’entendons trop souvent de la part des analystes politiques. Face à l’oligarchie, c’est plutôt à la démarchie que reviendrait le droit à la contestation.

Ces ajustements étant effectués, nous ne pouvons que donner raison à Rousseau, d’autant que l’étude historique approfondie montre que les porosités entre chaque système apparaissent faibles, voire inexistantes. De fait, et bien que la mise en place d’états intermédiaires entre chacun d’eux ne soit pas inimaginable, l’expérience factuelle montre que, malgré un éventuel habillage de mixité, c’est toujours l’un des trois qui exerce la réalité du pouvoir. C’est ainsi que les prétendues combinaisons, ou mélanges de deux de ces éléments fondamentaux entre eux, ne furent jamais, au cours l’histoire, que des farces politiques montées de toutes pièces pour tenter de légitimer le discours démagogique de l’entité détenant le pouvoir réel.

Nous pourrions citer de nombreux exemples de cette mascarade, tels les Etats Généraux mis en place en 1302 par Philippe le Bel et qui perdurèrent jusqu’en 1789, mais dont la vacuité trouva sa plus belle illustration lorsque Louis XIV y fit irruption un jour d’avril 1655, en habit de chasse, afin de couper court à des débats qui l’indisposaient et prononça la célèbre phrase : L’Etat c’est Moi. En réalité, la cohabitation de l’institution des Etats généraux et de l’institution royale, du quatorzième au dix-huitième siècle, ne signifiait nullement que le système politique de cette période était une combinaison de monocratie et d’oligocratie. C’était bien une pure monocratie !

A l’opposé, le système de monarchie constitutionnelle encore en vigueur dans certains pays et qui tente de proposer une combinaison similaire, n’est en réalité qu’une décoration monocratique grossière d’une oligocratie devenue toute puissante.

Aujourd’hui en France, cette même oligocratie, régnant sans partage mais pressée par les aspirations populaires dont nous avons déjà parlé, semble parfois séduite par une alliance en trompe-l’œil avec la « vraie » démocratie (comprenez la démocratie directe), en proposant des gadgets dénommés démocratie participative , ou collaborative, ou encore délibérative,… bref, autant de systèmes hybrides et fumeux qui se révèlent être de parfaits dispositifs mystificateurs destinés à faire croire aux citoyens qu’ils sont en capacité de peser sur l’action publique et législative.

Dans la réalité, ces démocraties intermédiaires (!) se révèlent n’être que de sinistres blagues, renforçant d’autant plus le pouvoir des représentants sur les citoyens que les premiers parviennent à convaincre les seconds qu’ils ont participé au processus de décision.

Mais si les « vrais » démocrates ne sont pas dupes de ces impostures, la puissance du pouvoir représentatif est, dans la réalité, trop importante pour que ces aspirations citoyennes soient en mesure de peser significativement sur le bon plateau de la balance des rapports de force. Seule la survenue d’un contexte événementiel imprévu et non sollicité par ledit pouvoir en place, pourrait modifier ce funeste déséquilibre en faveur de l’oligocratie. Car les volontés réellement démocratiques sont trop peu nombreuses et éparpillées au sein d’un corps social tout entier occupé à jouir d’un mode de vie opulent et consumériste, lui même pas assez générateur d’insatisfactions internes pour qu’un changement aussi radical, comme celui du passage de l’oligocratie à la démocratie, puisse être raisonnablement envisagé.

Cette rupture majeure dans l’organisation sociétale, comparable à celle qui permit, à partir de 1789, à l’oligocratie de s’installer en lieu et place de la monocratie (qui perdurait depuis plus de vingt siècles), ne pourra certainement pas s’opérer par un glissement progressif mais uniquement par un processus révolutionnaire intervenant dans le cadre d’une situation socio-économique parfaitement déterminée.

En 1789, c’est la bourgeoisie naissante constituée par la caste émergente des riches marchands de la fin du Moyen Age, qui, ayant besoin de nouvelles structures juridiques et politiques pour pouvoir exploiter pleinement les récentes découvertes techniques et créer la future civilisation industrielle, se débarrassa de la monocratie en utilisant habilement la vindicte populaire. Cette révolution installa donc le pouvoir d’une minorité influente et éclairée, assorti d’un dispositif législatif avancé, qui rendait possible le développement d’une nouvelle forme de conduite de l’économie : le capitalisme.

Cette économie nouvelle fut bâtie sur deux piliers principaux : la libération de la création monétaire et l’exploitation intensive des ressources naturelles. C’est ainsi que le système oligocratique, pudiquement dénommé « démocratie représentative », permit à l’oligarchie économico-financière de mettre en place et de développer son outil industriel dont le moteur (et la raison d’être) fut la « croissance », mesurée annuellement par l’évolution du produit intérieur brut, le PIB.

Il est de toute première importance de bien comprendre le lien indissoluble qui existe entre la mise en place du système industriel croissant et l’installation du système politique oligocratique, car le second a été spécialement conçu pour permettre au premier d’exister. Cette affirmation pourra sans doute surprendre le lecteur, mais il devra toutefois convenir que la simultanéité de ces deux phénomènes, à défaut d’être suffisante pour qu’ils soient déclarés consubstantiels par l’énoncé d’un théorème indiscutable, entraîne néanmoins une forte probabilité mathématique pour qu’ils le soient réellement.

Un autre élément important doit également être porté au dossier de la rupture de 1789 : celle du progrès immatériel de l’humain. En parlant de progrès immatériel, nous voulons distinguer ce qui ne relève pas de l’amélioration du mode de vie, du confort, de la santé ou de la capacité financière, mais de l’amélioration de l’éthique de l’organisation sociétale, c’est à dire du produit de l’équation liberté + égalité + fraternité, que nous re-qualifierons en liberté individuelle + égalité des chances + solidarité.

Ce produit, qui est la résultante de trois forces parfois contraires, fut indiscutablement amélioré à la suite de la rupture monocratie/oligocratie, et, à l’instar de Marx faisant le panégyrique de la bourgeoisie dans le Manifeste du Parti Communiste, nous affirmerons que l’oligocratie, en mettant à bas la monocratie, a apporté un formidable progrès dans l’organisation sociétale, du strict point de vue du bien commun.

Malheureusement pour l’oligocratie, et, dans la foulée, pour tous les citoyens assujettis, ce système industriel croissant mis en place vers le milieu du dix huitième siècle, se révèle aujourd’hui non viable à moyen terme, et ceci pour de simples raisons comptables.

En effet, la loi économique la plus triviale, et connue de tous, dit qu’on ne peut pas dépenser plus qu’on ne gagne. Traduit en terme d’entreprise cette loi signifie que la valeur d’une production doit être supérieure à la valeur des charges nécessaires pour l’obtenir. Traduit en terme physique, cette fois, elle signifie que la quantité d’énergie/matière obtenue artificiellement par une transformation industrielle doit être supérieure à la quantité d’énergie/matière mise en œuvre pour l’obtenir.

Or, que ce soit de l’un ou l’autre de ces points de vue, notre civilisation industrielle est en déficit structurel depuis la fin des années 1970, et elle se dirige inéluctablement vers une banqueroute comptable.

Cette faillite annoncée de la société capitaliste croissante oligocratique constitue une donnée objectivement révolutionnaire qui ne manquera d’exercer son influence au cours des années à venir pour rendre possible l’émergence d’un mouvement populaire de rupture.

Cette situation de rupture pourrait alors se matérialiser, d’un point de vue politique, par l’abandon de l’oligocratie au profit de la démocratie. De même que le passage de la monocratie à l’oligocratie après 1789 avait permis un progrès de l’humain dans l’organisation sociétale, le passage de l’oligocratie à la démocratie dans la situation de faillite industrielle inéluctable toute proche, pourrait permettre de franchir un nouveau palier dans la maîtrise par l’individu citoyen de cette même organisation sociétale.

Face au doute et à la contestation de ce pronostic généralement invoqués par certains au prétexte que la situation de l’organisation sociétale actuelle aurait été définitivement coulée dans le marbre de l’histoire, au point d’en avoir déjà signifié la fin, nous répondrons qu’il conviendrait de replacer sur l’échelle globale du temps notre petite bulle civilisationnelle récente et que, dès lors, la démarche qui s’impose devrait être plus empreinte d’humilité que de certitude.

Dans cet ordre d’idée, il n’est pas inutile de rappeler que le Big Bang a eu lieu il y a 13 milliard d’années, que la Terre est apparue en tant que masse fumeuse il y a 4,5 milliards d’années, les hominidés en tant qu’ancêtres il y a 7 millions années, l’homo sapiens en tant que nous il y a 200.000 ans, le néolithique en tant que civilisation humaine il y a 10.000 ans, et, enfin la civilisation industrielle actuelle il y a tout juste 150 ans.

Pour ramener cet enchaînement colossal à une échelle de temps facilement lisible, nous pouvons dire que si le Big Bang a eu lieu il y 3 semaines, la Terre est apparue il y a 1 semaine, la vie il y a 4 jours, les grands reptiles il y a 2 jours (mais il ont disparus 5h après), les hominidés il y a 3 mn, le Christ  il y a ¼ de seconde et la société industrielle (avec l’oligocratie) il y a 1/40 seconde.

Résumé en termes plus simples encore, nous dirons que, si l’homme civilisé existe depuis une semaine, la société industrielle existe depuis une seconde. Chaque fois que nous spéculons sur la faisabilité de telle ou telle affaire humaine, il convient donc de bien savoir si nous raisonnons dans l’optique de la semaine, ou dans celle de la seconde !

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Titre de l’extrait : « Les chemins de la décroissance »…..

Depuis la révolution néolithique, qui eut lieu il y a 10.000 ans, la civilisation humaine est passée par quatre étapes principales : l’antiquité qui dura 4.000 ans, le moyen âge qui dura 1.000 ans, la renaissance qui dura 300 ans, et la civilisation industrielle, dans laquelle nous vivons aujourd’hui, qui dure depuis 200 ans.

Sur l’ensemble de ces 10.000 ans, les courbes d’évolution de la population, de la consommation de ressources naturelles finies (énergie fossile et minerais principalement) et de la production de biens (le fameux PIB), présentent un tracé linéaire et quasi-constant jusque vers le début des années 1800, date à partir de laquelle ces trois courbes se cabrent de façon asymptotique, indiquant une multiplication par mille en moins de 200 ans de chacune des trois données restées pourtant stables pendant plus de 10.000 ans.

La civilisation industrielle, qui s’est développée depuis à peine 200 ans, se distingue des quatre autres périodes (néolithique, antiquité, moyen age et renaissance) par le fait qu’elle utilise de façon intensive et illimité les ressources naturelles fournies gratuitement par la dot terrestre. Cette pratique, inconnue pendant les âges précédents, a rendu possible une activité nouvelle, l’industrie, qui combine l’utilisation des ressources dites énergétiques (pétrole, gaz, charbon,…) et des ressources dites minérales (fer, aluminium, zinc, plomb, nickel,…). Ces ressources, qu’elles soient énergétiques ou minérales, sont extraites du sol de la planète où elles existent en quantité limitée depuis des millénaires et ne sont pas renouvelables à l’échelle humaine.

Cette activité nouvelle, l’industrie, a permis de fabriquer toutes sortes d’objets qui ont facilité la vie quotidienne de l’homme, mais elle a été également utilisée pour produire la quasi-totalité des aliments indispensables à notre vie biologique.

Ainsi que le montrent bien les trois graphiques ci-dessous, cette civilisation industrielle s’accompagne d’une augmentation vertigineuse des trois données déjà citées : population, consommation de ressources naturelles finies (énergie et minerais) et production de biens (le fameux PIB).

 

Dès lors une question se pose : qu’adviendra t-il du système industriel, et par voie de conséquence de l’organisation sociétale qui le porte, lorsque les ressources naturelles viendront à manquer ? Car, la raréfaction de ces ressources n’est pas une simple vue de l’esprit, mais une réalité factuelle qu’aucun scientifique ne conteste. Et cette réalité est déjà « en marche », puisque les principales ressources ont dès aujourd’hui atteint leurs « pics », un pic représentant le moment où la quantité qu’il reste à extraire devient plus faible que celle qui l’a déjà été. A partir d’un pic de production, on dit qu’une ressource entre alors en « déplétion », terme sophistiqué désignant tout simplement ce que le langage courant nomme le « début de la fin ».

C’est donc une simple loi arithmétique connue de n’importe quel enfant de CM1 qui va nous aider à répondre à la question posée. En effet, dans la mesure où le système industriel est tout entier basé sur l’utilisation des ressources naturelles finies, la raréfaction inéluctable de ces ressources devrait mathématiquement créer un déclin de ce système. Cette évidence n’avait toutefois pas effleuré l’esprit des fondateurs de la société industrielle qui, intuitivement, étaient persuadés que les ressources qu’ils se proposaient de prélever dans la dot terrestre étaient infinies, ou que, tout au moins, elles pouvaient être infiniment réutilisées.

C’est alors que, suppléant à l’arithmétique rudimentaire, la science physique avancée se chargea de détruire cette illusion. Le premier scientifique qui mit en lumière cette réalité inéluctable, et initia le terme de « décroissance », se nomme Nicholas Georgescu Roegen, et ce, dès 1970, dans une série d’ouvrages qui l’ont conduit a introduire les lois de la thermodynamique et le principe d’entropie en économie. C’est ainsi qu’il énonça le principe de dégradation de l’énergie et de la matière, en démontrant notamment que « l’énergie et la matière utilisable lors du processus industriel sont continuellement transformées en énergie et matières devenues inutilisables jusqu’à ce que les premières disparaissent complètement », créant ainsi le concept de « bio-économie ».

Dès lors, et pour tous les esprits rationnels, c’en était fini de l’illusion de l’énergie et de la matière infinies, autrement dit des mythes économiques dont se berçaient les thuriféraires de la croissance.

Afin d’illustrer différemment cette réalité nous pourrions également rappeler la célèbre citation de Kenneth Boulding : « Celui qui croit qu’une croissance infinie peut exister dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste », en notant au passage que le terme général d’« économiste » sous-entend économiste orthodoxe, donc croissanciste, ce que n’était naturellement pas, Nicholas Georgescu Roegen.

Il est un fait que cette perspective de la décroissance économique inéluctable est aujourd’hui largement relayée par de nombreux mouvements d’idées. Malgré cela, nous devons toutefois faire preuve de réalisme et rester conscients que la religion croissanciste est trop solidement ancrée dans l’inconscient collectif des populations, pour qu’il puisse sembler raisonnable de prévoir un effondrement culturel prochain remettant drastiquement en question le mode vie et la stratégie économique actuels de la collectivité humaine.

Le pronostic le plus probable est plutôt celui d’un déclin économique progressif (certains parlent même d’effondrement se faisant ainsi les promoteurs d’une nouvelle doctrine : la collapsologie), déclin qui nous mènerait de façon inéluctable et obligatoire vers une situation équilibrée sur le plan thermodynamique, seule façon raisonnable d’envisager un état sociétal durable. Cette analyse est portée par de nombreux mouvements d’idées qui, à défaut d’être reconnus porteurs d’une thèse officielle, bénéficient néanmoins d’une attention grandissante de la part de l’opinion publique.

Mais à côté de cette analyse bio-économique, une autre analyse, celle-ci moins répandue, prend en compte des données financières et comptables pour confirmer et certifier le caractère non-durable du système industriel mis en place depuis 200 ans à peine.

Cette analyse nous conduit à une deuxième perspective, celle de la banqueroute financière de la société industrielle, perspective liée, cette fois non pas à l’application de lois physiques, mais simplement à celles de règles comptables. Cette nouvelle approche, complémentaire et non pas exclusive de la bio-économie, constitue l’apport original de cet ouvrage.

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L’imposture écologiste

Christian Laurut – 2012 – 198 pages

La pensée écologiste s’est abattue comme une chape de plomb sur notre société industrielle et ne souffre pas la contradiction, ni au plus haut niveau des administrations centrales, ni dans les diverses sphères de la population d’en bas. Contester les allégations péremptoires des écologistes constitue dès lors un véritable crime et bien peu de gens se risquent à cet exercice périlleux, en ces temps de dictature intellectuelle sur le sujet. Beaucoup d’entre eux par contre doutent et se démarquent, en secret ou comité restreint, de cette pensée unique devenue indispensable pour obtenir un certificat de bon citoyen.

Mais la liberté de pensée et d’expression finit toujours par prendre le dessus et c’est la raison de cet ouvrage, dans lequel se retrouveront tous ceux qui ne font pas leur la maxime de Saint Just « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». En effet, persuadés qu’ils sont de détenir la Vérité pour la Planète et tels les despotes du Comité de Salut Public, les écologistes ne rêvent que de faire tomber sur le bâti horizontal de la machine de Monsieur Guillotin la tête de tous les adeptes de la civilisation industrielle.

En réalité ces nouveaux impérialistes de la pensée ne sont que des imposteurs et pas les détenteurs de l’unique paradigme habilité à appréhender notre société actuelle. Leur imposture réside tout simplement dans la confiscation, au profit d’une action politicienne, de l’écologie, science non exacte étudiant les conditions d’existence des êtres vivants et les rapports qu’ils établissent  avec leur environnement. Les véritables praticiens de cette science, les écologues, se retrouvent ainsi dépossédés de leur expertise par ces charlatans médiatiques dont l’influence auprès des masses est malheureusement proportionnelle à leur niveau d’incompétence. Le lecteur aura ainsi compris que le propos de cet ouvrage prend soin de toujours bien distinguer l’écologie, en tant que science objective neutre, de l’écologie en tant que doctrine politique souvent fâcheuse….. Tout comme on sépare le bon grain de l’ivraie !

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Disponible en versions papier et numérique.

Version papier : 22 euros (port inclus) :


Version numérique : 10 euros : disponible au format PDF (lisible sur tout ordinateur), au format Epub (lisible par la plupart des liseuses), ou au format Kindle (spécifique à la liseuse Amazon). Le lien de téléchargement que vous recevrez après votre paiement vous permettra de choisir entre ces trois options.


 

Sommaire
1. La grande parenthèse historique.
2. Décroissance, connais pas !
3. La fallacieuse réponse écologiste
4. Les décroissants sont-ils « cinglés »?
5. L’écologisme au secours du capitalisme
6. Les rouages du green business
7. La plaisanterie du développement durable
8. Qui a peur du réchauffement ?
9. Ode à la civilisation industrielle
10. Encore un petit effort pour jouer juste!
11. Les dix impostures
1ère imposture : le nom
2ème imposture : Préserver la Planète
3ème Imposture : le principe anthropique
4ème Imposture : le réchauffement climatique
5ème Imposture : Le tri sélectif
6ème imposture : L’agriculture biologique
7ème Imposture : Le nucléaire
8ème Imposture : Les renouvelables électriques
9ème Imposture : Les renouvelables carburants
10ème Imposture : Les nouveaux staliniens
12. La galerie des guignols
13. Manifeste anti-écologiste
14. Epilogue : Comment peut on être anti-écologiste ?

Vivement la décroissance !

Christian Laurut – décembre 2011 – 59 pages

L’apparition de Jésus de Nazareth sur terre marqua le début d’une nouvelle ère pour l’Humanité, mais le départ effectif du mouvement subit un délai trente ans pour cause de vocation tardive, les changements notoires induits accusèrent un retard d’un ou deux siècles en raison du faible développement des médias de l’époque et de l’absence de Facebook, et enfin, la ratification calendaire fut contrainte à une attente de plus de huit cent ans pour des motifs restés inexpliqués. Il est à parier que ces regrettables atermoiements ne se reproduiront pas lorsque, d’ici quelques années nous entrerons de plein pied dans l’ère de la décroissance.

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Disponible en versions papier et numérique.

Version papier : 16 euros (port inclus) :


Version numérique : 10 euros : disponible au format PDF (lisible sur tout ordinateur), au format Epub (lisible par la plupart des liseuses), ou au format Kindle (spécifique à la liseuse Amazon). Le lien de téléchargement que vous recevrez après votre paiement vous permettra de choisir entre ces trois options.


Sommaire :
1.Le nouvel An zéro et le péché d’orgueil
2. Décroître ou être décru ?
3. Le leurre de la simplicité volontaire
4. Le hold-up décroissant
5. La tentation autoritaire
6. Faut-il avoir peur de la décroissance ?